Un pas, un coup, un round à la fois

Seulement quelques-uns de mes très proches parents ou amis de longue date savent que je suis un grand amateur de boxe et des films de Rocky. J’ai le coffret de tous les films et je les ai regardés à maintes reprises.

Comme bien des amateurs, j’apprécie les séances d’entraînement de Rocky Balboa, les efforts, la musique, l’adrénaline, tout y est. Mais avant tout, j’ai toujours été interpellé par le self -made-man, dont la pierre d’assise est sa famille et quelques amis qui se comptent sur les doigts d’une seule main.

Jeune et bien avant Rocky, j’ai eu la chance d’être initié à l’univers de la boxe par mon père, qui écoutait des combats dans le cadre de l’émission ABC’s Wide World of Sports. En voyant Muhammad Ali affronter Leon Spinks en 1978, j’ai eu la piqûre de la boxe.

En 2007, j’ai eu la chance d’une vie. Enfiler les gants dans un round amical avec le regretté Patrice L’Heureux. Autant vous dire que le « combat » était inégal en partant (5’7- 170 lbs vs 6’5′ 265 lbs). Monsieur L’Heureux a eu la gentillesse de me laisser le frapper à quelques reprises et quand il en a eu assez, il m’a simplement coincé dans les câbles de toute sa stature et s’en était fini du p’tit gars qui, l’instant d’un moment, se prenait pour Rocky.

Cette soirée de boxe, animée par le promoteur Yvon Michel, dans le cadre d’une activité corporative, restera pour toujours gravée dans ma mémoire. Dans la loge qui m’avait été assignée, j’étais conseillé et mes mains ont été gantés par un jeune boxeur prometteur, qui deviendra quelques années plus tard, champion du monde et un des boxeurs les plus prolifiques du Canada, Jean Pascal. Que de beaux souvenirs.

Rocky dans ma vie

À quelques reprises dans ma vie, la « philosophie de vie » du personnage m’a été d’une grande aide à des moments cruciaux et déterminants. La dernière fois remonte à il y a deux ans, et j’en ai tiré un parallèle de cheminement en affaires.

Alors en guise de présentation et comme le dit si bien le célèbre Michael Buffer lors de la présentation de combats de championnats majeurs Let’s Get Ready To Rumble !!!

2019 – One Step, One Punch, One Round at a Time

Mars 2019. Comme chaque année depuis que je suis travailleur autonome, je prends congé pour la journée de ma fête. Cette année-là, je décider d’aller fêter mes 50 ans en randonnée solo comme je fais fréquemment dans un sentier moins fréquenté du parc du Mont Orford. Superbe journée au départ, conditions idéales.

En atteignant le 10e kilomètre d’une balade qui en fait 14, les conditions de sentiers se dégradent. J’arrive dans une portion du sentier qui n’a pas été fréquentée depuis la dernière tempête. Neige ramollie qui me fait enfoncer jusqu’aux cuisses à chaque pas, aucune raquette dans mon équipement, la météo se dégrade et la lumière du jour commence à baisser.

Chaque pas se faisant de plus en plus difficile, j’évalue mes options. Rebrousser chemin et faire 10 kilomètres en sens inverse ou puiser dans mes ressources et franchir les 4 derniers kilomètres en m’enfonçant à chaque pas. Peu importe l’option choisie, je dois prendre la décision rapidement, car je ne désire pas compliquer l’aventure en la terminant dans l’obscurité.

Me revient alors en tête une séquence précise du film Creed : L’Héritage de Rocky Balboa, un spinoff de la série Rocky. Je revois alors le vieux Rocky, entraîner Adonis, le fils de son défunt ami, Apollo Creed. Dans cette séquence, il lui répète comme un mantra, la même phrase : “One step at a time. One punch at a time. One round at a time.”. Cette phrase se met alors à tourner en boucle dans ma tête, à chaque pas, m’aidant à garder l’objectif en tête à puiser dans mes ressources physiques et mentales. Et, comme dans tous les films de Rocky, le héros s’en tire bien après maints efforts (je sors du bois exténué mais heureux).

Rocky dans le contexte d’un projet d’affaires

Maintenant, quelle est la raison d’être d’un article sur mes souvenirs de p’tit gars dans un blogue de commercialisation ? Voici ma vision à ce sujet.

One step at a time.

J’associe ici le pas (step) à la notion d’alignement. Tout projet que l’on désire réussir nécessite un vision. Savoir où l’on s’en va et surtout pourquoi. La progression n’est pas nécessairement linéaire et nous pouvons rencontrer beaucoup d’obstacles. L’important reste dans sa capacité à avancer, malgré les coups.

One punch at a time.

J’associe ici les coups (punch) à la notion d’effort. En commercialisation, rien n’est magique ni gratuit. L’effort et les ressources doivent être présents et constants. Cependant, avec la bonne combinaison d’efforts et de ressources, parfois la vie nous présente des opportunités à saisir et, comme le boxeur, un lucky punch peut faire la différence entre la réussite et l’échec.

One round at a time.

Finalement, la notion du temps (time) que j’associe à la persévérance. Jean de La Fontaine a écrit : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.« . Lors que l’on est confronté à une difficulté, il est inutile de s’énerver. Il faut au contraire faire preuve de patience et agir posément. Comme le boxeur qui ne mets pas son adversaire KO en cours de combat mais qui accède à la victoire par le cumul des points, un round à la fois.

The winner by unanimous decision and new champion of the world

Au-delà de la « victoire » en affaires, je vous souhaite avant tout le plaisir du parcours. De mieux vous connaître, de dépasser vos propres limites et d’atteindre vos objectifs pour des raisons personnelles qui vous font grandir comme personne, conjoint, parent et ami. Pour cela, je vous laisse avec une citation de Rocky à l’endroit d’un jeune boxeur qu’il entraîne.

En pointant ce même jeune boxeur dans le miroir d’entraînement : « C’est l’adversaire le plus coriace que tu n’auras jamais à affronter. »

Bon été, bonne santé et bonheur avec vous-même et vos proches.

P.S. Pour les mordus ou les curieux, voici la séquence de film qui a inspiré cet article. Bon visionnement